• Le 07 novembre 2018

À travers une pensée herméneutique et critique, la revue Études digitales propose une approche élargie des technologies de l’information et de la communication. Elle défend un savoir destiné à accompagner l’adoption d’une multitude d’applications logicielles dont l’invasion caractérise nos pratiques quotidiennes. Cette attitude fait obstacle au piège consumériste de l’immédiateté et à l’obsolescence des outils. Entre arts, humanités, sciences et technologies, Études digitales se veut transdisciplinaire. Sans négliger les questions d’ingénierie et leur impact, elle se veut le creuset d’une troisième culture.

La variation, invention et supplément de la manipulation, constitue le thème du troisième numéro d’Études Digitales. Dès lors qu’elle excède la simple manipulation d’un objet « variable » et se transforme en rapport général au monde, la question initiale de la variation, prend en effet une tout autre dimension. Comment la penser à notre époque du digital et des réseaux ? Quel statut lui accorder ? La question se pose également de « ce qui reste de la variation » à l’ère des Big Data, dont on prétend qu’elles seraient en mesure d’absorber ou de traduire la totalité du monde. Le digital se réduit-il à une capture généralisée de la variation, la réduisant à la somme de ses manipulations, par une transformation de la totalité des événements de la vie en informations ? Comment dès lors aborder la variation et décliner l'invitation à penser le « varié » ? Les variations sont abordées ici dans un pluriel revendiqué qui se présente sous trois aspects : les variations comme changement (métamorphose), les variations comme modulation (création), les variations comme désorganisation structurante (émergence). Finalement, dans ces trois directions, les variations entraînent à chaque fois de nouvelles compositions. Formons l'hypothèse que les variations introduisent des formes et deviennent le support d'une invention.